Derriere l’objectif de…Rezz Ghanty

Bienvenu dans l’univers du talentueux Rezz Ghanty. Ce dernier dévoile à FM  quelques-uns de ses secrets de fabrique, de sa technique à ses inspirations, en passant par son parcours de photographe à son démarrage en tant qu’infographiste 3D. 

       Reza Ghanty

FM a donc concocté quelques questions afin de vous faire découvrir, chers lecteurs, ce photographe de renommée Mauricienne ainsi que ses clichés aux doigts de fées. Mettant en œuvre sa connaissance en la matière, il nous permet donc de vivre à travers son art, sa passion et son dévouement au quotidien. Entretien avec un artiste épanoui…

Comment vous est venue la passion de la photographie ?

Ma sœur et moi avions hérité des gènes créatifs de nos parents. Mon père est tailleur-styliste, tandis que ma mère est passionnée d’aquarelle ; une passion qu’elle m’a transmise depuis mon tout jeune âge.

D’autre part, je me suis toujours entouré d’artistes, photographes, stylistes, publicitaires et autres passionnés de l’image. Étant de base un infographiste 3D, c’est naturellement que mon goût pour la photographie m’est venu.

Racontez-nous votre parcours ?

Après avoir complété le secondaire au Collège du Saint-Esprit, j’ai opté pour des études supérieures en graphic design. J’ai ensuite exercé en tant qu’infographiste 3D. Mon expérience du métier m’a permis de progresser et d’évoluer dans mes fonctions jusqu’à devenir directeur de studio du département CGI (Computer Generated Imagery) du back-office de l’une des plus grandes agences publicitaires en Europe. Je travaille actuellement à mon compte et je mets en pratique l’expérience internationale que j’ai acquise durant les seize dernières années passées dans des métiers de l’image.

D’où vient votre inspiration de manière générale ?

Il est important de différencier le design de l’art. Pour ce qui est du design et des images publicitaires, le point de départ de l’inspiration est impulsé par un simple ‘brief’ avec le client ; mes photos artistiques en revanche sont davantage le reflet de mes états d’âme et de mes émotions. Au final, on retrouve toujours un peu de moi dans toutes ces réalisations, c’est simplement la marge de créativité qui diffère.

Travaillez-vous uniquement en numérique ou aussi en argentique (pellicule) ?

Je n’ai, hélas, pas connu l’époque argentique. J’ai beaucoup de respect pour les « vrais » photographes qui faisaient des prouesses en argentique et je reste fasciné par cette technique. J’ai tout récemment récupéré un vieux Canon ayant appartenu à mon grand-père, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de m’y essayer.

Quel matériel utilisez-vous ?

Un Nikon DSLR, quelques objectifs et un iPhone. À défaut d’avoir connu la grande époque de l’argentique, je profite au maximum des opportunités qu’offrent les réseaux sociaux : je fais toutes mes photos personnelles à partir de mon smartphone et je les partage sur Instagram, Facebook … Je n’utilise le DSLR que pour des contrats clients . Je ne mets pas trop l’accent sur le matériel, car je suis d’avis que c’est l’œil qui compose la photo et non les équipements. D’ailleurs, les commentaires du style « Superbes photos, tu utilises quoi comme camera » me font toujours sourire.

Vos photos sont souvent en noir et blanc. Pourquoi ?

Sans vouloir esquiver votre question, je crois que Ted Grant y répondra bien mieux que moi : “When you photograph people in color, you photograph their clothes. But when you photograph people in black and white, you photograph their souls!”

Quelle est la part de retouche dans vos images ?

De par mon expérience des métiers de l’image, je maîtrise la retouche et les insertions virtuelles 3D. D’ailleurs, mes ainés et amis photographes me considèrent comme étant, à juste titre, un ‘Digital Artist’ et non un photographe.

La retouche varie selon le sujet et l’utilisation finale de la photo. Une photo purement artistique ne nécessite aucune retouche ; son esthétique réside dans ce côté brut, l’objectif étant de capturer l’instant. En revanche, la publicité appelle une plus grande sophistication : l’image publicitaire sera retouchée de manière conséquente afin de respecter les attentes du client.

Il faut en être conscient, aujourd’hui toutes les images marketing sont retouchées. Tout l’art est de réaliser ce travail de retouche en ne laissant apparaître aucun indice d’un quelconque traitement en post-prod.

Avez-vous une idée précise du rendu auquel vous voulez arriver lorsque vous appuyez sur le déclencheur ?

Oui et non. Très souvent, j’ai une idée précise du résultat avant même le shoot. Un brief client est utile dans les grandes lignes, même s’il laisse place à la créativité du photographe. Mais l’inspiration peut aussi survenir durant une séance de photos ou à l’étape de post-prod. Un repérage est souvent nécessaire afin de se faire une idée plus précise du résultat final.

Quelle est, selon vous, la meilleure démarche pour apprendre la photographie aujourd’hui ?

La partie technique est accessible à tous. Ce n’est pas sorcier d’apprendre à utiliser un équipement informatisé. Il suffit d’ouvrir le manuel. Pour autant, l’achat d’un DSLR ne fait pas de l’acquéreur un photographe. Parlons plutôt de l’approche créative. Pour moi, la meilleure démarche est gratuite : il s’agit tout simplement de prendre son téléphone et d’expérimenter avec la caméra, de se laisser inspirer et s’exprimer.

Par ailleurs, ce ne sont pas les forums, blogs et sites Internet qui manquent aujourd’hui. Un simple compte Instagram ou Pinterest suffit à accéder à des millions d’images qui sont autant de sources d’inspiration. Il est possible aussi de se rapprocher d’un mentor. Un passionné de l’image prend toujours plaisir à transmettre ses connaissances et je suis convaincu que c’est la plus belle manière de s’initier à la photographie. Je m’efforce de m’appliquer ce principe en accompagnant à mon tour des débutants. J’en profite pour remercier mes mentors, ils se reconnaîtront.

Quelle a été votre plus grande réussite/fierté ?

Tout récemment, un ami et moi avons expérimenté la photographie aérienne avec l’utilisation d’un drone. Nous avons, entre autres, pris une photo en noir et blanc du pont naturel, que nous avons postée sur Dronestagram, la version photo/vidéo aérienne d’Instagram. Nous avons, par la suite, reçu un mail du site nous félicitant que l’image a été sélectionnée parmi les meilleures photos aériennes de 2016 et sera prochainement publiée dans un photobook international.

Y a-t-il quelque chose que vous rêveriez de photographier en tant que photographe ?

La guerre et les missions humanitaires en Afrique et au Moyen-Orient. Saturé d’images de violence, nos sociétés mettent beaucoup de distance avec les évènements que rapportent les médias sur les crises et les conflits : j’ai le sentiment que la photographie a une charge émotionnelle plus puissante que l’image télévisuelle et qu’elle peut davantage interpeler la conscience de chacun.

Avez-vous des projets, en cours ou à venir, dont vous pouvez nous parler ?

Un retour à mes origines ! Je songe de plus en plus à un voyage photographique en Inde, plus précisément à Surat, dans la province de Gujarât.

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